La rue en 1950


Une rue .... une histoire ! « La rue de la Martinique à Poitiers »


Lorsque vous entrez dans cette impasse, rien n’'indique que son passé est constitué d'’anecdotes, de concours de circonstances, d’'initiatives, de douleurs et .... de bonne humeur.
Aucun livre ne relate ce qui s’est passé depuis la date de sa création dans les années 50 ... aussi nous allons prendre quelques secondes pour se pencher sur son passé, qui est tout à l’'honneur de ceux qui en sont à l'’origine.
Actuellement tout semble simple et paisible derrière ces grandes fenêtres et montées d’'escaliers mais en fait cette rue a connu une vie trépidante et très solidaire à ses débuts. C’'est la raison pour laquelle elle a acquis une certaine personnalité et réputation avec des règles de vie qui perdurent grâce à la permanence de ceux qui en font la fierté. Ainsi, bien que nous n’'aborderons que les périodes récentes lors des soirées organisées en petits comités dans le sous-sol aménagé du Gîte 50'’s ... venez et découvrez ... c’est un véritable exemple d’'initiative sociale dont il faut se souvenir. C’'est une belle histoire humaine et solidaire engendré au départ par l’'Abbé Pierre BROSSELETTE.

En 1950 l'’Abbé a un rêve : permettre à des familles en demande d'’accéder à un logement digne, adapté et en pleine propriété.
Il crée un montage financier alliant banques, fonds provenant principalement de dons et d’'animations et la fameuse prime à la construction du 2 août 1950. De nos jours nous appellerions ceci un crédit-solidaire (mais avec des sommes importantes et à l’'occasion d’'un projet d'accession à la propriété). L'’Abbé fait acquérir une grande parcelle de terrain, la coupe en deux en y créant au milieu un chemin en terre. Celui-ci deviendra bien plus tard la rue goudronnée actuelle. Après concertation, il la fait diviser en 8 parcelles.
Il s'’improvise alors maitre d'ouvrage. Il imagine les installations des maisons mitoyennes avec un promoteur. Rencontre et prédispose les dossiers des familles, aide à monter les plans de financement, rencontre les artisans et commerçants, aide à négocier des matériaux et prestations ... Afin de réduire les prix, il incite les familles à mettre ‘la main à la patte et à s'’entre-aider. En c'’est ainsi que jusqu’'en 1955 la rue a vue surgir 15 maisons ouvrières, dont 14 mitoyennes, pour 15 familles avec chacun un lopin de terre pour leur jardin potager respectif.

Ainsi est née «la cité OZANAM », nom perdu à la cession de la rue à la collectivité, pour devenir la rue de la Martinique. Alors que les moments de retrouvaille n’'existe plus réellement (la fête de la St Jean n’'a plus le droit de s’'organiser au fond de l’'impasse ... et la fête des voisins est souvent sous la pluie) c’'est cette solidarité d'’attentions et de convivialité que le Gîte 50’s se propose de faire perdurer en associant jeunes et anciens habitants, touristes d'ici et d'ailleurs ... à l'’occasion d'’ateliers de découvertes et soirées ponctuelles.